Le Petit Cîteaux

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Sept siècles cisterciens

‍Au sortir d’une période tumultueuse de plus de deux siècles, le Petit Cîteaux traduit bien cet ordre cistercien qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Les ambitions de redémarrage paraissent aussi irréalistes que fantasques.

‍Ailleurs, les fondations se font très rares et la plupart du temps très lointaines.

‍Un sursaut sans effet

‍Un Palais conventuel trop ambitieux

‍En 1701, le projet de logis conventuel en lieu et place de l’aile nord-est du cloître est mis en œuvre. Une pierre gravée “1745” (voir photo ci-contre), et réinstallée sur un autre bâtiment, semble indiquer la date inaugurale du Palais. Celui-ci est un bâtiment de deux étages, de style classique de 62 mètres de long. Sa façade d’accueil est tournée vers le pont, ouvrant sur l’Allée nouvelle en perspective en direction du nord-est. Nous disposons d’un croquis d’une grille en fer forgé provenant du Petit Cîteaux et installée dans l’église de Sainte-Gemme suite à l’entreprise de démolition dont le monastère fut victime.

‍À l’arrière du bâtiment conventuel, un passage abrité permet d’atteindre l’ancien réfectoire converti en chapelle quelques décennies plus tôt. Vu la taille imposante de ce “Palais”, on imagine que la communauté monacale très restreinte en ce début du XVIIIe siècle ambitionnait un redémarrage des vocations. Il n’en sera rien. 

‍C’est dans cette période que des bâtiments de ferme sont construits à l’arrière de l’hôtellerie nouvelle bâtie dès le début de la commende. C’est le chef de culture qui habite cette dernière, alors qu’il a la charge d’un vaste jardin potager et de vergers abondamment plantés dans l’enclos.

‍Le dernier abbé, Pierre Joseph d’Entragues est un ex-vicaire général du diocèse de Bordeaux. Le 24 septembre 1748, il fut désigné abbé commendataire du Petit Cîteaux par le notaire apostolique de Blois.

‍Un inventaire précieux

‍En 1771, l’abbé décide avec le prieur d’engager une procédure d’inventaire du domaine. Ils en confient la tâche au notaire de Moisy, gérant les biens de l’abbaye. L’inventaire sera remis l’année suivante à la communauté. 

‍Cet inventaire est un document précieux pour l’histoire de l’abbaye. Il est composé d’un livret broché intitulé « Extraits de l’inventaire raisonné des titres et les papiers de l’abbaye. Il compte 190 pages au format 26 par 19,5 cm et est accompagné de très nombreuses liasses renfermant des documents. Des copies de ce livret ont été réalisées par Henri de la Vallière, qui était directeur de la Société des Assurances mutuelles du Loir-et-Cher, à Blois, décédé en 1879. La copie à laquelle nous avons accès est datée de 1844, l’original étant daté de 1772. 

‍Les moines ignoraient alors qu’un compte à rebours de dix-neuf ans était enclenché et qu’ils devraient se résoudre à abandonner les lieux. 

‍La Fin

‍L’Assemblée nationale constituante adopta le 13 février 1790 le décret abolissant les vœux monastiques en France, débouchant sur la dissolution des ordres et congrégations monastiques et l’interdiction d’en constituer de nouveaux.

‍À ce moment-là, des témoins visitant la clairière indiquent que les murs de l’abbatiale et son minaret étaient encore debout. 

‍Les cinq ou six moines demeurant encore sur place quittèrent rapidement les lieux…

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